dimanche 17 décembre 2017


Projet théâtre

LES OBJECTIFS DU PROJET THEATRE

Votre enfant, vous en aura probablement déjà parlé... Depuis cette rentrée de carnaval, il prépare sa pièce de théâtre. C'est vrai que progressivement, chaque groupe, se lance dans cette activité, pour être prêt le jour de la représentation au Centre culturel de Genval.

Ainsi, depuis la classe d'accueil jusqu'à la 6ème primaire , chaque classe crée SA pièce de théâtre : scénario, dialogue, décors, accessoires, costumes,... , tout élément de cette représentation est le fruit de la créativité des enfants guidés par leur professeur.

Chaque année, la magie de ce moment réapparaît, intacte. II nous semble pourtant important de redéfinir clairement ce que nous entendons par « théâtre ».

Le théâtre est une activité d'expression de l'enfant au sein de son groupe, le théâtre c'est partir de rien, écouter les enfants, voir émerger ce qu'ils veulent vraiment dire, laisser les apports individuels être assimilés par la collectivité, permettre à la diversité des créativités de s'épanouir pour aboutir à une œuvre commune : la représentation.

Pour créer une pièce, tous les types d'expression sont mobilisés : impossible d'oublier son corps pour occuper l'espace scénique, faire face au public avec toute son expression corporelle ; les dialogues eux requièrent, évidemment, l'expression verbale ; quant aux décors, accessoires et costumes, ils permettent de nombreuses manifestations de l'expression manuelle. La musique, jouée, chantée ou enregistrée ajoute la note de cette expression musicale et rythmique si riche et parfois déjà bien développée chez certains ; enfin, les aspects techniques des éclairages ou des effets de scène sollicitent une créativité souvent oubliée.

L'activité pédagogique reste nécessairement dans notre esprit tout au long du travail où les apprentissages actifs prennent une grande place.

Toutes les facettes des apprentissages peuvent être abordées puisque bien souvent cette activité suppose une approche globale à laquelle nous tenons ; les questions posées nécessitent des recherches tous azimuts pour cerner le problème ou inversement, un épisode de la vie à l'école peut donner aux enfants l'idée de mettre en scène ce qui frappe leur imagination.

II n'y a pas de chemin codé pour la création d'une pièce : certains groupes débuteront par le scénario parce qu'ils ont une idée claire de ce qu'ils veulent représenter, les dialogues seront élaborés ensuite par petits groupes. Dans d'autres groupes, chaque enfant se créera d'abord de manière la plus approfondie possible un personnage dans lequel il se sent bien, pour lequel il se sent une grande envie de le jouer (c'est souvent le cas en maternelle); les scénario et les dialogues s'élaboreront petit à petit pour réunir chaque personnage. D'autres groupes alterneront entre ces deux manières tandis que d'autres groupes encore préféreront partir de supports déjà existants ( film, conte, roman, poème, . . . ) pour les fondre dans leur propre alchimie.

Bref, il n'y a pas UNE bonne manière de procéder. Seulement, une approche qui viserait uniquement le résultat serait un contresens.

L'élaboration d'une pièce permet également un prodigieux travail au niveau social et personnel. Ce travail demande en effet une observation, non seulement des enfants par l'enseignant mais aussi des enfants entre eux, à une création à partir de ce qui est observé et donc à une connaissance plus approfondie de soi et des autres. Ainsi se développe une faculté que nous nous devons d'exercer avec force aujourd'hui : la qualité de l'écoute de l'autre.

Pendant le travail de création de la pièce, l'enfant agit en tant que sujet, avec cet atout particulier au théâtre de pouvoir investir un autre personnage, de pouvoir dévoiler une partie de ce qu'il veut dire en se « cachant » dans la peau de son personnage. Ainsi, il peut être amené à jeter un regard neuf sur lui-même et sur les autres ou encore à gérer ses émotions. Mais vous le verrez, le sentirez, au plus la date buttoir de la représentation s'approche, au plus les aspects collectifs s'imbriquent dans les aspects individuels. Les compétences individuelles sont redistribuées et ainsi peuvent se mettre en valeur des enfants qui en ont parfois moins l'occasion en d'autres circonstances. Ici aussi, le respect mutuel est nécessaire, au plus la fièvre monte au plus chacun doit apprendre à respecter l'autre dans ses acquis, ses préoccupations, ses anxiétés.

Enfin, le théâtre est une fête, un moment de fièvre et de magie, un cadeau que l'on fait au public : les autres enfants de l'école et la famille.

Cette fête, nous serons heureux de la partager avec vous, le jour J, dans l'esprit de notre travail que nous venons sommairement de tracer ici. Votre rôle de parent s'y inscrit pleinement : à accompagner les recherches et découvertes de votre enfant, à respecter sa participation dans le groupe - il n'y a pas un rôle principal ou à absolument conquérir dans une dynamique d’enfants créateurs, le théâtre est un grand puzzle où chaque pièce est importante, une pièce manque et le puzzle est raté -, à veiller à une présence régulière et ponctuelle en maternelle, à donner le coup de main nécessaire pour le costume ou l'accessoire car malheureusement tout ne peut souvent être réalisé entièrement à l'école, mais sans achat ou location coûteuse , sans obligation qui ne soit pas partage d'enthousiasme, et surtout en prolongeant cet esprit de création simple et spontanée que nous voulons développer dans cette activité éducative et pédagogique : le théâtre.

 

Ghislain Maron et toute l'Equipe pédagogique.

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LA PIECE DE THEATRE ET SES DIFFERENTES ETAPES


Tous les ans, chaque classe de notre école, de la classe d’accueil à la 6ème primaire, invente et joue sa propre pièce de théâtre. La motivation est forte: les enfants savent que la représentation finale se déroulera dans un vrai théâtre, avec un vrai rideau rouge, devant quelques centaines de parents, grands-parents, amis qui formeront un vrai public.

La pièce de théâtre est un moment attendu impatiemment par les enfants. Elle démarre dans l’enthousiasme, et laisse toujours un souvenir inoubliable.

Le travail de la pièce est, bien sûr, très différent selon 1'âge des enfants.

Voici un aperçu de quelques semaines de préparation en primaire :

1) Le choix du sujet

Les enfants ont quelques jours pour réfléchir à un sujet qui leur plait, en noter quelques idées. Le jour venu, ils exposent leur sujet au groupe, toutes les idées sont notées au tableau. Souvent, des sujets se recoupent, ou peuvent se regrouper. Pour chaque sujet, 1’enseignant souligne quelques questions: l’histoire est-elle assez "riche" en action, en personnages... Finalement, chaque enfant vote pour un sujet ou plusieurs regroupés. La première étape est terminée, on sait de quoi on va parler! Certains enfants , emballés par un thème choisi, laissent travailler leur imagination et commencent spontanément à construire des scènes, à échafauder des projets.

D' autres, parfois déçus que leur sujet n' ait pas été retenu, boudent un peu, et il faudra parfois plusieurs jours pour qu' ils se ''mettent" dans la pièce. Dur apprentissage de la démocratie: pouvoir accepter la décision du groupe, pouvoir rentrer malgré son "ego" dans le projet collectif, ce n' est pas toujours facile quand on a 4, 6 ou 10 ans!

2) L'élaboration du scénario (suite des scènes) et des rôles

Suite au sujet retenu, on discute. Que pourrait-on imaginer comme aventures, comme personnages? 0n tente de découper grossièrement en scènes. On fait le compte des personnages qui pourraient intervenir dans !a pièce. Chacun exprime ses envies d'incarner 1'un ou l'autre autre rôle. A la fin de cette étape, on a une idée assez précise du contenu de la pièce et des rôles principaux, mais tout pourra encore être modifié en cours de route.

3) Les improvisations

On commence ensuite les improvisations, scène par scène. Les enfants répètent par petits groupes dans des endroits séparés (durée maximum: 20 minutes).Chaque groupe fonctionne de manière autonome, les enfants proposent, discutent, font des essais. Ils apprennent ainsi à s'écouter, à tenir compte des idées des autres, à travailler vraiment ensemble sur une tâche commune. L' enseignant passe de groupe eu groupe et conseille, jusqu’à ce que chacun trouve sa place. On met ensuite en commun, et on décide ensemble de ce qui sera gardé ou non.

Souvent, lors des improvisations, apparaissent des nouveaux rôles, de nouvelles idées (qui font parfois dévier le scénario). C’est cela qui en fait la richesse!

Après l’improvisation suit un travail d' approfondissement. Individuellement, chaque enfant doit retravailler son rôle, ses dialogues, ses gestes, ses mimiques. Collectivement, on travaille les mouvements (mouvements des personnages, mouvements de groupe sur la scène) jusqu’à la mise au point presque définitive.

4) Les répétitions

Quand une scène est terminée, après quelques improvisations, mises au point communes, approfondissement de chaque rôle, l’enseignant écrit le texte sur papier de manière à ce que !es enfants puissent "étudier'' leur rôle, le travailler aussi en dehors de la classe. Le texte n'est jamais tout à fait définitif, et des changements interviendront jusqu' à la dernière minute...

A ce stade de finition, le rôle de l’adulte est très important: veiller à ce que !es enfants articulent, parlent bien fort, ne tournent pas le dos au public...une foule de petits détails qui font qu'une pièce est réussie ou... incompréhensible.

5) Les costumes

Au fur et à mesure que les rôles se dessinent, les enfants commencent à penser à leur costume, accessoire ô combien important pour se mettre dans la peau du personnage. Tout le monde s’y met, les uns apportent pour les autres qui n’ont pas trouvé le nœud papillon, la toque de cuisinier, la perruque…On construit en classe certains accessoires (en bois, en carton).

6) Le décor

La pièce est bien en route, il est temps de penser au décor qui sera peint sur une énorme feuille de papier solide (4m/5m). Chaque enfant fait un projet. Tous les projets sont affichés au tableau, les enfants les examinent tous soigneusement et on essaie de les imaginer en grand.

Ensuite, on passe au vote. Souvent des éléments de plusieurs projets sont choisis et regroupés sur le décor.

Une équipe fait le tracé à la craie sur le grand papier posé à plat par terre, dans la salle polyvalente car il faut de la place ! Tout le monde à quatre pattes ! D’autres équipes prendront le relais pour peindre à la gouache, morceau par morceau. C’est un long travail qui demande de la patience, du calme et certaines techniques de peinture (perspective, couleurs, ombres,

impression avec les pinceaux, les éponges, les mains…).

De temps à autre on s’éloigne du décor, pour voir « ce qu’il donne » de loin. On en profite pour aller regarder celui des autres classes, des échanges se nouent, des conseils et des idées fusent. La salle polyvalente de l’école est remplie de grands et de petits en tabliers colorés, pieds nus (pas question de marcher en chaussure sur le décor !), pot de peinture à la main, qui circulent calmement d’une décor à l’autre pour apprécier et commenter.

C’est un moment très vivant dans l’école et délicieux pour tous.

7) La répétition générale

Quelques jours avant le jour J, toute l’école se rend à la salle de spectacle pour la répétition générale. C’est le moment où l’on prend vraiment conscience de l’espace de la scène, de l’acoustique de la salle.

Cette répétition est très importante et entraîne souvent des modifications : acteurs mal placés, voix trop peu puissantes, mauvaise articulation, tout cela peut encore se corriger en dernière minute!

Ce jour –là, les enfants ont aussi l’occasion de voir les pièces des autres classes, ce qu’ils apprécient beaucoup.

8) Le jour J

L’excitation est à son comble, tant chez les adultes que chez les enfants. Dans les loges, on enfile les costumes, on se grime. Chacun vérifie si ses accessoires sont au complet. Panique parfois : »Je ne trouve plus Le parapluie ! » On cherche…Sinon, on fera semblant !

Quelques minutes avant la pièce, retour au calme. On se tait une minute. On respire un grand coup. On se concentre, et on monte s’installer derrière les rideaux, silencieusement (ou presque…).

L’enseignant frappe les trois coups traditionnels : la pièce démarre, advienne que pourra ! Les enfants se surpassent, ils ont de l’aplomb, parlent fort. Les caméras tournent, les flashes crépitent, les grands-parents ont la larme à l’œil, les parents jubilent…et cela se termine dans un tonnerre d’applaudissements bien mérités par nos acteurs en herbe.

Au retour, dans les loges : détente. Quelques enfants s’inquiètent : « est-ce qu’on a vraiment été bien? ». Mais oui, bien sûr, et à l’année prochaine pour une nouvelle pièce.

  
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